FREDERICTON, N.-B., le 19 mars 2024 — La Chambre de commerce Cap-Acadie constate, avec beaucoup de déceptions, l’absence de plusieurs mesures structurantes pour aider concrètement l’économie de Cap-Acadie et des régions rurales francophones dans le budget du Nouveau-Brunswick 2024-2025 déposé par le ministre des Finances, Ernie Steeves mardi après-midi.
« Le Gouvernement du Nouveau-Brunswick continue de faire la sourde oreille, année après années, sur les enjeux qui touchent le milieu des affaires en régions rurales et les personnes néo-brunswickoises. Les régions rurales ont besoin d’appui pour la mise en place de stratégies innovantes sur le développement économique et le développement de la main d’œuvre », débute d’entrée de jeu, le Président-directeur général de la Chambre de commerce Cap-Acadie, Anthony Azard.
Le Gouvernement du Nouveau-Brunswick dépose de nouveau un budget excédentaire, ce qui ne surprend pas la Chambre de commerce Cap-Acadie. Ce budget laisse place à beaucoup d’interrogations et de questionnements, alors que le Nouveau-Brunswick fait face à une multitude de crises dans divers secteurs.
ENJEUX SOCIAUX : LOIN D’ÊTRE LE CHAMP DE MIRE
Plus que jamais, les Chambres de commerce de la province militent sur des enjeux sociaux puisqu’ils affectent grandement le milieu des affaires. Encore une fois cette année, le manque de logements au Nouveau-Brunswick retient l’attention. Malgré l’annonce de mesures ces derniers mois, notamment du Fonds pour la préconstruction et les infrastructures de logement, la bureaucratie pour lancer ces initiatives ne fait pas justice à la crise qui sévit à l’heure actuelle.
« J’ai l’impression de me répéter depuis le budget de l’an dernier. À Cap-Acadie, où le taux d’occupation des logements locatifs a atteint sa capacité maximale depuis quelques années, et ce, malgré la construction de logement, il s’agit toujours d’un obstacle majeur pour la croissance de nos entreprises, pour le recrutement de la main-d’œuvre et pour le développement économique dans la municipalité », réitère le PDG de l’organisme.
Les montants annoncés dans le budget d’aujourd’hui ne suffiront pas pour palier à la crise de logement. À Cap-Acadie, selon une récente étude de l’économiste Richard Saillant, il y aurait un besoin de 2 500 logements supplémentaires d’ici 2030 pour suffire à la crise du logement.
DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE RÉGIONAL: UNE APPROCHE QUI FAIT SOURCILLER
Par ailleurs, la Chambre de commerce Cap-Acadie milite depuis quelques années à recevoir un appui personnalisé des instances gouvernementales pour attirer des investissements et créer des emplois diversifiés dans les régions rurales.
« Suite à la réforme de la gouvernance locale, le Gouvernement du Nouveau-Brunswick a créé un autre niveau de gouvernement pour une nouvelle composante : le développement économique régional au sein des Commissions de services régionaux. À l’heure actuelle, la mise en place de département de développement économique met un frein au développement économique dans les municipalités rurales en prenant l’approche de régionalisation. Dans le contexte de croissance économique actuelle, la bureaucratie devient de plus en plus lourde à Fredericton », affirme le Président-directeur général (PDG) de la Chambre de commerce Cap-Acadie, Anthony Azard.
La création des départements de développement économique au sein des Commissions de services régionaux ajoute un fardeau bureaucratique et administratif qui complique la gestion de projets pour les Chambres de commerces rurales, qui avait déjà pour mandat le développement économique des municipalités. Cet ajout est devenu une duplication sur le rôle des Chambres de commerce, ces dernières ayant un historique beaucoup plus important que les départements de développement économique des Commissions des services régionaux au Nouveau-Brunswick.
La Chambre de commerce Cap-Acadie demande au Gouvernement du Nouveau-Brunswick de soutenir plus de projets en région rurale par l’entremise de la Société de développement régional, notamment par le biais de son Fonds sur l’économie rurale.
« Nous avons besoin de projets capitaux pour développer les régions rurales du Nouveau-Brunswick, y compris Cap-Acadie. Nos régions ont un grand besoin d’investissement de la part du Gouvernement du Nouveau-Brunswick. Il doit être un partenaire clé avec les municipalités, dont le conseil municipal de la Ville régionale de Cap-Acadie pour assurer que notre région prospère aussi efficacement que le Grand Moncton et les autres centres urbains de la province », affirme M. Azard.
La Chambre de commerce Cap-Acadie souhaite contribuer à l’essor économique des régions rurales en s’imposant comme un partenaire en matière de développement économique pour les régions rurales côtières.
« Nous connaissons les enjeux de nos régions. Nous connaissons les défis. Nous sommes à la base du développement économique de Cap-Acadie. Nous sommes les plus positionnés pour développer nos entreprises. Alors, il est primordial de reconsidérer comment les Chambres de commerce du Nouveau-Brunswick peut jouer un rôle actif dans le développement économique régional », poursuit Anthony Azard.
D’AUTRES MESURES OUBLIÉES
La question de l’accessibilité au transport, notamment par la voie de l’autoroute 15, continue d’être mise aux oubliettes. Un lien qui favorisait le transport des personnes citoyennes du centre urbain de Moncton vers nos régions côtières maximiserait la main d’œuvre afin de la rendre plus accessible aux entreprises des régions rurales.
« Le fait que de telles mesures ne se retrouvent pas dans le budget n’est pas surprenant pour la Chambre de commerce Cap-Acadie. L’un des enjeux principaux en lien avec le recrutement à l’international est l’accessibilité au logement puis le transport. En favorisant un lien de transport en commun sur l’autoroute 15, cela permettrait de recruter la main d’œuvre nécessaire dans d’autres régions que celles directement concerné par le recrutement des entreprises », conclut le PDG de l’organisme.
La Chambre de commerce Cap-Acadie, qui représente aujourd’hui 190 membres, espère que des ministères, des services ou des organes provinciaux proposeront des projets ou des initiatives à la Chambre de commerce Cap-Acadie au courant de la prochaine année dans le but de répondre aux attentes de ses membres et des personnes citoyennes de la Ville régionale de Cap-Acadie.
La Chambre de commerce Cap-Acadie continuera de représenter les intérêts des entreprises auprès des différentes instances gouvernementales, y compris le gouvernement provincial, les députés provinciaux et les partenaires communautaires.
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